La vraie nature de l’homme
Le masculin sacré n’est pas quelque chose à construire. Ce n’est pas le fruit d’un travail, d’une performance ou d’un effort de volonté. C’est une nature, la nature de l’homme telle qu’elle existe au cœur de son être, au-delà des conditionnements, des blessures, des croyances erronées, des traumatismes transmis de génération en génération, etc.
C’est le divin incarné en l’homme.
Pas le divin comme concept abstrait ou comme idéal placé à l’extérieur de soi mais une réalité vivante, présente, agissante et disponible en soi pour se manifester à travers les polarités masculine et féminine de chaque être. En effet, le masculin sacré n’appartient pas aux hommes… tout être humain porte ces deux polarités en lui, il est majoritairement présent chez l’homme, tout comme le féminin sacré est majoritairement présent chez la femme. L’un n’existe pas sans l’autre et c’est par l’accès à leur nature véritable que s’accomplit leur réconciliation intérieure et que quelque chose de « vrai » peut émerger dans la vie de chaque être.
Retrouver son masculin sacré n’est donc pas une conquête mais un retour, un retour à soi. À ce que nous sommes avant d’apprendre à nous taire, à nous durcir, à dominer ou à disparaître. Un retour à ce feu originel que rien n’a pu et que rien ne pourra jamais éteindre.
Ce qu’il n’est pas
Pour comprendre ce qu’est le masculin sacré, nous pouvons commencer par observer ce qu’il n’est pas, et notre époque nous en offre plusieurs expressions, dont deux qui sont opposées l’une l’autre, et éloignées de sa nature.
La première est bien connue : le masculin toxique, dominant, fermé à toute forme de vulnérabilité. L’homme blessé dans son enfant intérieur qui confond force et brutalité, puissance et emprise, virilité et insensibilité. Celui dont la force s’exerce sur les autres plutôt qu’au service des autres. Celui dont la peur de l’intériorité se masque derrière l’action permanente et qui utilise la séduction comme instrument de pouvoir.
La seconde est moins souvent nommée, mais tout aussi réelle : un masculin effacé au point de se renier lui-même. Un masculin qui, opposé au précédent, dénigre ses propres attributs, s’excuse d’être ce qu’il est, met en retrait certains aspects de lui-même par crainte de mal faire, d’être jugé. Ce n’est pas là non plus le masculin sacré mais l’expression d’un masculin également blessé qui a choisi le mépris ou la peur de certains aspects de lui-même plutôt que la guérison.
Il existe d’autres exemples, complexes et subtils, au sujet des déviances du masculin, en outre ce texte n’est pas là pour approfondir cet aspect mais pour mettre en lumière sa vraie nature.
Le masculin sacré n’est ni au-dessus ni en dessous. Il ne domine ni ne s’efface. Il ne séduit pas pour prendre, il est et aime en donnant. Il n’est pas gouverné par l’ego, il n’a pas besoin d’être validé par ses pairs au travers d’un statut pour savoir qui il est. Il se tient dans une posture juste, dans le respect de chacun, la bienveillance envers lui-même et avec une dignité tranquille face aux autres hommes et aux femmes.
La sagesse, la douceur et la force de l’Amour
Ce qui émane d’un homme connecté au sacré est difficile à définir, mais immédiatement reconnaissable. C’est une présence, quelque chose de stable qui ne cherche pas à s’imposer. Une sagesse qui n’a pas besoin de se démontrer. Une douceur qui n’est pas de la faiblesse mais la forme de courage la plus rare, celle qui va à contre-courant sans jamais se durcir.
Le masculin sacré dans sa plénitude est la force de l’Amour, qui protège sans détruire, qui agit sans écraser et qui se marie naturellement et parfaitement avec le féminin sacré. Parce qu’ils sont faits l’un pour l’autre, qu’ils se reconnaissent, qu’ils s’appellent mutuellement vers leur nature véritable : l’Amour.
Son expression la plus haute à mon sens s’est incarnée avec profondeur et justesse en la présence de Yeshua. Non dans un sens institutionnel ou dogmatique mais comme homme pleinement accompli, dont chaque geste témoigne d’une intégration totale du divin dans la chair. Une action directe et sans compromis quand la justice (du Cœur) l’exige et une tendresse infinie un instant plus tard, pour celui qui souffre. Aucune contradiction mais une cohérence profonde née d’un centre intérieur qu’aucune pression extérieure n’est capable d’ébranler. Il manifeste le masculin et le féminin pleinement accomplis et réunis dans le Sacré, exprimant une intention juste dans chaque pensée, chaque parole et chaque acte.
Conclusion
Si vous êtes un homme et que ces lignes vous ont touché, sachez ceci : le masculin qui se reflète dans les comportements d’une partie des hommes et dans le regard de certaines femmes n’est pas votre nature. La brutalité, le silence émotionnel, la domination ne sont pas des vérités qui vous définissent, ce sont des mensonges transmis, portés, reproduits par des générations d’hommes et de femmes blessés et déconnectés de ce qu’ils sont vraiment. Vous portez en vous quelque chose de précieux et de bien plus grand, quelque chose de pur, de juste, de puissant dans le sens le plus beau du terme. Ce feu qui demande uniquement à être reconnu dans ce qu’il est.
Si vous êtes une femme et que vous avez contacté quelque chose en lisant ces mots, je vous le dis avec humilité : la souffrance que vous avez pu vivre avec certains hommes n’est pas la preuve de leur nature profonde. C’est l’expression d’un égarement individuel et collectif, d’un ensemble de croyances profondément erronées qui vous ont blessé, peut-être traumatisé et dont ils souffrent eux aussi, souvent depuis bien avant de vous rencontrer. Le masculin sacré existe, il vit en chaque homme et se manifeste de façon visible à travers ceux d’entre eux qui ont choisi de revenir à eux-mêmes. Il vit en vous, comme une polarité à découvrir, à aimer, à rétablir dans sa santé sacrée et à laisser s’exprimer naturellement sur votre propre chemin.
À chacun et chacune, je vous invite à aller à la rencontre de cette nature. En vous d’abord, puis autour de vous. Elle est là, elle a toujours été là, rayonnante et indestructible. C’est ainsi que chacun guérit, animé par un courant qui ne porte aucun nom, uniquement la marque de l’Amour et de la Vérité.


